L'Actu en direct
Rencontre avec Avi Bari, né il y a 21 ans en Guinée. Entré clandestinement en Israël en 2005, en passant par le Sinaï egyptien, Avi Bari est aujourd’hui second-lieutenant dans l’armée israélienne et se dit « à 90% israélien ». Il est attablé dans un café, à deux pas de l’immense base où il termine sa formation d’officier. Il porte un uniforme vert olive, comme ces dizaines de jeunes, que l’on croise chaque jour en Israël, pays où le service militaire dure trois ans pour les garçons et deux ans pour les filles.
Dans une autre vie, il s’appelait Ibrahima Bari, orphelin de Labé, la deuxième ville de Guinée Conakry. « En Afrique, il n’y a pas de travail, j’ai décidé de changer ma vie », dit-il pour expliquer son départ. A l’époque, il n’a que quinze ans, son odyssée le mène au Maroc, au Caire, puis dans le Sinaï égyptien, où les passeurs organisent la traversée clandestine vers Israël. Avi se souvient des longues journées dans le désert, où les passeurs bédouins avaient parqué les migrants dans des tentes, en attendant le moment propice pour franchir la frontière. Il se souvient de la nourriture rare et de l’eau sale. Il se souvient aussi de ce pick-up à l’arrière duquel on les avait entassés « comme des sardines ». Et voilà la frontière, le grillage que l’on coupe. Et de l’autre côté, l’inconnu.
Comme des dizaines de milliers de clandestins africains ayant passé cette frontière à pied ces dernières années, le jeune guinéen atterrit dans le quartier de la gare routière de Tel Aviv, où il erre à la recherche d’un travail ou du statut de réfugié (qui lui sera refusé). Mais une institution accueillant les enfants en difficulté puis une famille israélienne d’adoption changent son destin. Ibrahima devient Avi, il apprend l’hébreu, obtient la nationalité israélienne en 2008 et rejoint l’armée l’année suivante. « A l’armée tu apprends la culture israélienne, l’histoire », explique le jeune officier, « ça te fait aimer le pays ». Le jeune homme dit se sentir « à 90% israélien » et assure qu’il « ferait tout pour défendre Israël ».
Avi ne s’est pas converti au judaïsme et se définit comme un « Africain-Israélien ». Il dit avoir assez peu souffert du racisme même si un épisode récent l’a marqué : lors de sa formation d’officier le mot « kouchi » (« nègre », en hébreu) a résonné à ses oreilles, pour la première fois. « Ca ma touché », admet le jeune homme qui assure que son officier a « réglé le problème ».
A l’issue de sa formation d’officier, Avi Bari sera affecté à la gestion des ressources humaines de l’armée. Le jeune homme est en contact avec sa famille guinéenne : un oncle et des cousins. Il leur rendra visite dans quelques années, à l’occasion du long voyage que les appelés israéliens s’offrent traditionnellement à l’issue de leurs années sous l’uniforme.
Avi a aussi un rêve : devenir diplomate et travailler au rapprochement de son pays d’origine et de son pays d’adoption. La Guinée et Israël n’ont aujourd’hui aucune relation diplomatique.
Diantre !
Nafissatou Diallo blanchie, DSK noirci ? Quoi, on m’aurait menti à l’insu de mon plein gré ? Trêve de plaisanterie, les mensonges véhiculés par le New York
Post s’effritent, malgré les prises de positions partiales des médias français qui refusent de lire l’affaire au niveau des faits en tentant de s’appuyer sur le passé soi disant
trouble de Nafissatou Diallo et ses supposés mensonges sous serment. Des balivernes. D’ailleurs, aucun rapport avec ce qui s’est passé dans la suite 2806. Bientôt ce sera la fin forcée des
salmigondis, des calomnies et des attaques de bas étages contre la jeune Guinéenne.
Aux États-Unis, l’association hyper puissante des 100 Black in law, les juristes noirs les plus représentatifs, a pris position en faveur de Nafissatou Diallo, ainsi que des
policiers noirs new yorkais et récusent désormais le procureur qui refuse de céder… Dommage que ce dossier prenne une tournure raciale. Ledit procureur de New York Cyrus
Vance Jr., dont les avocats de la femme de chambre guinéenne et présumée violée Nafissatou Diallo par le truchement d’une lettre envoyée mercredi, ont aussi demandé à celui-ci de se dessaisir de
l’enquête en faveur d’un procureur spécial. Ils lui reprochent, à juste titre d’ailleurs, d’avoir divulgué des informations erronées et préjudiciables à leur cliente. En
réalité, le pauvre procureur aurait été floué. Copieusement, dangereusement, tragiquement. La traduction du fameux coup de fil soi disant passé par Nafissatou Diallo à son prisonnier de
« mari » (religieux) serait un faux grossier. Le fameux traducteur aurait menti sur toute la ligne. Fichtre. Comme un arracheur de dent. Qui l’a soudoyé ? Vous ne lirez jamais ça dans
la presse française…
Après la réunion d’hier chez le procureur Cyrus Vance Jr., les avocats de DSK avaient déclaré ceci : «Nous avons eu une réunion constructive. C’est tout ce que nous dirons. » Mais, le couperet est tombé: les poursuites continuent. Comme on dit chez moi : « Man no run » (que personne ne prenne fuite). Nafissatou Diallo qui n’est jamais allé à l’école parlerait-elle le Fulani¹ littéraire ? Une autre information vient mettre le New York Post en difficulté puisque c’est de lui qu’émane les calomnies, c’est que le « mari » de Nafissatou Diallo serait un Gambien. Or, le Fulani est parlé essentiellement et uniquement au Sénégal, en Guinée-Conakry, au Mali , au Nigeria et en… Gambie où ce Fulani-là, plutôt Falacunda, est mâtiné d’anglais. La Guinée a été colonisée par la France tandis que la Gambie l’a été par la Grande bretagne. Et par conséquent, le pauvre traducteur s’est mêlé les pinceaux outrageusement. Selon nos informations glanées ici et là, il n’y a que quelques mots qui se rapprochent. On comprend pourquoi Kenneth Thompson n’arrive pas à entrer en possession de cet enregistrement malgré ses demandes car, le pot aux roses est semble-t-il découvert. Bigre.
Voici un petit extrait de l’interview de Kenneth Thompson lu pour vous dans Le Parisien ce matin.
Quant aux liens supposés de la jeune femme avec un trafiquant de drogue emprisonné en Arizona, et les mensonges liés à sa demande d’entrée aux États-Unis, l’avocat explique : «Toutes ces affirmations périphériques n’ont rien à voir avec l’agression elle-même, qui est avérée. Ne mélangeons pas les faits. Ma cliente n’a jamais caché sa situation sur son entrée aux États-Unis. Elle s’en est expliquée. A ce jour, je n’ai pas connaissance de l’enregistrement de cette conversation avec un homme emprisonné. J’ai demandé cet enregistrement la semaine dernière, lundi encore et mardi dernier. Je n’ai rien reçu, donc cela n’existe pas.»
L’affaire DSK est vraiment symptomatique d’une France pourrie et machiste, et d’un Parti socialiste où, tout le monde est autiste et porte des œillères. Entre panégyriques abscons, encensements bidons, c’est surtout le sabordage en règle du PS qui s’écrit doucement. Une défaite des idéaux, des valeurs, une faillite morale abyssale. Dans ce dossier, il n’y a que Ségolène Royal qui a su tirer son épingle du jeu. Pourvu que la justice convoque ceux qui savaient à propos de Tristane Banon. Trop c’est trop. Le pedigree de DSK est connu de tous. C’est un secret de polichinelle.
Les services du procureur de Manhattan ont indiqué mercredi que les demandes de récusation présentées par les avocats de l'accusatrice de Dominique Strauss-Kahn et de désignation d'un procureur spécial sont "totalement sans fondement".
Les avocats de la femme de chambre qui accuse DSK d'agression sexuelle ont demandé dans la journée que le procureur, Cyrus Vance Jr, se dessaisisse du dossier et soit remplacé par un procureur spécial.
Dans une lettre adressée à Vance Jr, les avocats accusent les services du procureur d'avoir laissé filtrer des informations préjudiciables à leur cliente.
"M. le procureur Vance, nous demandons formellement que votre bureau se dessaisisse volontairement de l'affaire Strauss-Kahn et que vous nommiez un procureur spécial", écrit Kenneth Thompson, avocat de la femme de chambre qui accuse l'ancien directeur général du FMI de tentative de viol.
Reuters a obtenu une copie de la lettre adressée mercredi au "district attorney" après une réunion de deux heures entre les services du procureur et les avocats de DSK.
"Nous sommes en profond désaccord avec la manière dont le bureau et le travail des procureurs ont été présentés. Toute suggestion selon laquelle le bureau devrait être récusé est totalement sans fondement", a dit Erin Duggan, porte-parole du bureau du procureur de Manhattan dans un communiqué.
Bien qu'aucun détail de la réunion n'ait filtré entre les avocats de DSK et les procureurs, le New York Times rapporte que les deux parties ont discuté d'un abandon pur et simple des charges pesant contre Strauss-Kahn ou d'un accord de conciliation.
Le dossier de l'accusation avait été mis à mal la semaine passée lorsque le bureau du procureur avait découvert que l'accusatrice, originaire de Guinée, avait menti concernant les circonstances de sa demande d'asile aux Etats-Unis et qu'elle avait modifié sa version des faits après avoir rencontré DSK dans sa chambre de l'hôtel Sofitel de New York.
Thompson a reconnu que sa cliente avais commis des erreurs par le passé mais il soutient qu'elle a été agressée sexuellement par l'ancien patron du FMI et que des preuves existent pour confirmer cette version des faits.
FUITES ORGANISÉES
Thompson accuse Daniel Alonso, adjoint de Cyrus Vance Jr d'avoir organisé des "fuites dommageables" à destination de la presse afin de discréditer sa cliente et d'affaiblir les charges pesant contre Strauss-Kahn.
Il reproche notamment au procureur de ne pas lui avoir remis un enregistrement d'une conversation téléphonique de sa cliente avec son petit ami détenu dans une prison de l'Arizona et d'avoir fait part de cet élément au New York Times.
Thompson reprend notamment une phrase citée entre guillemets dans le Times. Dans l'enregistrement, la jeune femme dit à son petit ami: "Ne t'inquiète pas, ce gars a beaucoup d'argent. Je sais ce que je fais."
Or, Alonso aurait employé quasiment la même phrase pour évoquer avec Thompson l'enregistrement audio plusieurs heures avant la publication des propos par le New York Times.
Dans son courrier, Thompson reproche enfin au bureau du procureur de ne pas avoir démenti un article du New York Post affirmant que la femme de chambre était une prostituée.
"De telles fuites provenant apparemment de membres de votre bureau constituent, sans le moindre doute, un déni des devoirs et des responsabilités d'un procureur", affirme la lettre.
Selon les experts en procédure judiciaire, une telle demande a très peu de chance d'aboutir.
"C'est une requête stupide", estime Daniel Richman, professeur de droit à Columbia, pour qui la demande Thompson a plus à voir avec une opération de relations publiques qu'avec une requête légitime.
Les dessaisissements constituent des cas rares qui n'interviennent qu'à l'occasion de conflits d'intérêts personnels impliquant des membres du bureau du procureur.
"Les récusations sont très inhabituelles, même s'il y en a eu par le passé", note Paul Shechtman, avocat et ancien procureur.
Selon lui, les accusations de fuites organisées à destination de la presse ne constituent pas un motif suffisant pour faire aboutir une telle demande.
"M. Strauss-Kahn ne plaidera coupable de rien" : William Taylor, avocat de DSK, a été formel, jeudi 7 juillet, dans ses propos au New York Times : si le procureur de Manhattan lui propose un accord dans le but de clore de dossier, DSK refusera de plaider coupable du moindre chef d'accusation.
Une rencontre "constructive"
Doit-on interpréter ces propos comme la réponse officielle à une proposition faite à huis-clos mercredi aux avocats de DSK par Cyrus Vance ? Probable, selon certains, mais rien n'est sûr. Tout ce qui est ressorti de cette réunion entre procureur et avocats de la défense mercredi tient en effet en ces quelques mots : la rencontre a été "constructive." Le procureur, quant à lui, a affirmé que l'enquête se poursuivait. (Comme le rapporte aussi le New York Times, Cyrus Vance a reçu ces derniers jours le soutien du maire de New York Michael Bloomberg.)
L'avocat de la plaignante ne lâche rien : il attaque le procureur
Kenneth Thompson, avocat de Nafissatou Diallo, s'est montré plus loquace, et offensif. Dans une lettre adressée au procureur, il a été jusqu'à lui demander de se dessaisir du dossier, accusant son bureau de "fuites répétées et préjudiciables dans les médias la semaine dernière" visant "à discréditer la réputation de la victime, voire, et c'est peut-être le plus grave, à ébranler les charges qui pèsent contre M. Strauss-Kahn."
Thompson s'inquiète d'un conflit d'intérêts
L'avocat rappelle aussi l'éventuel conflit d'intérêts entre DSK et l'accusation via le mariage d'un membre du bureau du procureur avec un des collaborateurs des avocats de DSK.
Thompson conteste la transcription de la conversation entre sa cliente et un détenu
Concernant la conversation entre sa cliente et un détenu, l'avocat de la plaignante a confié auNew York Times mercredi que les procureurs lui avaient dit avoir basé leurs conclusions sur un "résumé de la conversation" et non sur la conversation complète. Mais une source judiciaire citée par le quotidien américain précise que cette conversation n'est qu'une des trois appels minimum lors desquels elle parle de sa rencontre avec DSK et de ses conséquences.
N. Diallo conteste avoir dit "ce type a beaucoup d'argent. Je sais ce que je fais"
S'il ne les cite pas précisément, Kenneth Thompson indique au quotidien américain que sa cliente dément avoir prononcé les mots rapportés par le procureur. "Elle dit que c'est faux, qu'elle n'a pas dit ça" dit-il : "elle n'est pas d'accord avec la façon dont l'enregistrement est rapporté." Toujours selon le New York Times et Kenneth Thompson, lors d'un rendez-vous avec les services du procureur, la jeune femme s'est plaint de la mauvaise retranscription de cette conversation. "Il ne traduit pas correctement, il n'est pas de ma tribu" aurait-elle dit à son avocat, lequel ajoute que le dialecte de sa cliente est très spécifique.
"Si le procureur arrête les poursuites, c'est qu'il aura été payé"
Dans un article publié jeudi 7 juillet, un envoyé spécial du Monde qui s'est rendu à Conakry (Guinée) rapporte les propos recueillis la veille auprès de Mamadou Dian Diallo, 49 ans, frère aîné de Nafissatou Diallo : "Si le procureur arrête les poursuites, c'est qu'il aura été payé pour le faire" déclare celui qui croit sa jeune sœur victime d'un homme puissant. "C'est un riche qui a tous les moyens pour salir notre famille qui est digne et noble. Il peut faire perdre à ma sœur son travail, peut-être même sa vie." Interrogé par le journaliste du Monde sur l'éventualité d'un coup monté, il s'étonne, dit qu'elle n'a jamais été à l'école et "ne sait pas tout ça."
Pour les deux avocats de Dominique Strauss-Kahn, c'est une course de fond pour trouver la faille qui permettra à l'ancien directeur du FMI d'éviter la prison pour agression sexuelle et tentative de viol. D'après Libération (article payant), une erreur de procédure pourrait être exploitée dès la prochaine audience, le 18 juillet. Il s'agirait ainsi, pour les deux ténors, de contester la légalité de l'identification de DSK par la plaignante le 15 mai, au lendemain de son arrestation à New York.
Nafissatou Diallo, qui accuse DSK d'avoir tenté de la violer dans une suite de l'hôtelSofitel de New York, a formellement identifié le Français derrière une vitre sans tain dans le commissariat de Harlem, le dimanche 15 mai vers 16 heures. Mais d'après le compte rendu publié par le bureau du procureur le 16 mai, la femme de chambre aurait déjà identifié l'ancien patron du FMI par deux fois, la veille : une première fois le samedi, jour de l'agression présumée, après que le personnel du Sofitel lui a présenté une photo de l'ex-patron du FMI, et quelques heures plus tard, dans les locaux de la police, alors que le visage de DSK apparaissait à la télévision.
"IMAGE DE L'ACCUSÉ EN TÊTE"
Pour les avocats Benjamin Brafman et William
Taylor, l'identification formelle de DSK est donc irrecevable car elle a été faussée. "C'est largement plaidable car ils peuvent souligner que la victime présumée avait
déjà l'image de l'accusé dans la tête quand on lui a demandé de l'identifier", commente Bradley
Simon, un avocat new-yorkais interrogé par Libération.
Selon le quotidien, le procureur semble déjà avoir devancé cet argument, expliquant que les deux premières identifications n'ont pas été "arrangées" par la police et ne pouvaient être évitées. Mais l'argument de la défense pourrait être suffisamment fort pour invalider la procédure.
"ENQUÊTE DÉONTOLOGIQUE"
Parallèlement, en France, le barreau de Paris a ouvert une "enquête déontologique"sur l'avocat choisi pour représenter la femme de chambre dans l'Hexagone. SelonLe Parisien, le bâtonnier de Paris s'interroge sur les méthodes utilisées par MeThibault de Montbrial, parti à la recherche d'autres victimes potentielles de DSK en France. Pour le bâtonnier, un avocat n'a pas le droit d'aller à la recherche de clients, ce qui peut constituer un "appel à la délation".
L'hypothèse d'une "sanction" est toutefois "prématurée", a précisé le bâtonnier au quotidien. Me de Montbrial a de son côté précisé à l'AFP que l'expression "enquête déontologique" n'avait pas été employée par le secrétariat du bâtonnier lorsque celui-ci l'a appelé afin de fixer un "rendez-vous pour parler du dossier américain". Cette rencontre est prévue vendredi en milieu de journée, a-t-il indiqué.