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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 02:14

La dépigmentation, communément appelée «xessal» en wolof, est un phénomène très en vogue dans notre société. Et dont l’ultime but est la recherche effrénée d’une peau claire. Et le plus souvent, pour plaire. C’est selon ! Les toutes premières statistiques font état de dix (10) morts, de 2000 à nos jours, recensés à l’hôpital Aristide Le Dantec. De quoi relancer le débat sur une pratique qui étend ses tentacules de manière sournoise et insoupçonnée.


Sens et Signification

La dépigmentation, ou «xeesal» en wolof, est «l’ensemble des procédés et produits utilisés pour obtenir un éclaircissement ou un blanchissement de la peau», selon Mme Fatoumata Ly, dermatologue et présidente de l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (Aiida). Pour le sociologue Kaly Niang, «la dépigmentation n’est rien d’autre que cette volonté que certains individus (femmes et hommes) se donnent pour changer la couleur de leur peau».
Coumba Bâ, 46 ans, vendeuse de friandises pour enfants au marché de Cambérène, dans la banlieue dakaroise, la définit ainsi : «Le ‘xeesal’, c’est rendre sa peau plus belle, plus attractive parce que la femme n’a que sa beauté à vendre. Elle n’a que son corps à montrer, c’est son atout majeur. Le charme d’une femme, c’est la peau claire.»

Toutes les définitions s’accordent donc sur le fait que l’ultime but de celle ou celui qui pratique la dépigmentation reste la recherche effrénée de la couleur blanche à des fins esthétiques. Il s’agit de l’application, généralement sur tout le corps, d’un ou, plus souvent, de plusieurs des composés suivants : laits ou crèmes à base d’hydroquinone, crèmes ou gels à base de corticoïdes puissants, produits modérément caustiques (savons liquides non rincés, shampooings, etc.) et, rarement, savons mercuriels.
Une étude, la seule sérieuse sur le sujet, faite par la revue «Sciences sociales et Santé, Vol. 22, n°2, juin 2004», montre clairement que les produits ont été appliqués sur tout le corps dans 90% des cas (sauf souvent sur la région du bassin) une ou deux fois par jour. «Il s’agit de produits à base d’hydroquinone chez 93% des utilisatrices, de corticoïdes chez 68%, de produits caustiques chez 18%, de savons mercuriels chez 11% et de produits de nature indéterminée chez 13%. La dépense moyenne occasionnée par l’achat de ces produits est de 3 200 FCfa, avec des extrêmes de 250 et 25 000 FCfa. Le coût étant supporté par l’intéressée elle-même dans 50% des cas, par le conjoint ou compagnon dans 33% des cas, par une tierce personne dans 17% des cas.»


Les Wolofs et les musulmanes plus pratiquantes de Xeessal

La même étude fournit respectivement des indications intéressantes sur les différents groupes ethniques, les religions, les niveaux de scolarisation : Wolofs (35,4%), Lébous (6%), Hal Poulars (21 %), Sérères (15,3%), Malinkés (7,4%), ethnies casamançaises (Diolas, Mandjaks) (6,8%) et autres groupes (8,1%). Quatre vingt quinze pour cent (95%) des femmes sont de religion musulmane, 5% de religion chrétienne. Les niveaux de scolarisation sont les suivants : absence de scolarisation (38%), fréquentation exclusive d’une école coranique (4%), niveaux primaire (31%), secondaire (24%) et supérieur (3%).
La dépigmentation apparaît plus fréquente chez les Dakaroises âgées de vingt à quarante ans, chez les femmes mariées ou faisant état d’un compagnon, chez les femmes ayant un niveau de scolarisation primaire, une activité professionnelle comportant un contact avec une clientèle et chez celles qui disposent de certains biens de consommation (télévision, téléphone, automobile).
Aucun segment de la vie sociale n’échappe donc à la pratique de la dépigmentation de la peau. C’est certainement ce qui fait dire au sociologue Khaly Niang que la dépigmentation de la peau est «passée d’un phénomène social à un drame sociétal».


La dépigmentation : aux sources d’une société de jouissance

La dépigmentation de la peau serait méconnue des sociétés traditionnelles qui mettaient plus en exergue la beauté intérieure et la primauté des valeurs. Or, aujourd’hui, elle est un phénomène de mode basé essentiellement sur la rationalité instrumentale, car privilégiant l’objectif visé ou à atteindre. Elle s’explique par le basculement de nos sociétés dans l’ère de la société de jouissance dans laquelle le paraître l’emporte largement sur l’être. C’est donc, de l’avis, toujours, de Khaly Niang, une résultante d’un conflit entre le groupe d’appartenance (groupe social de l’individu) et le groupe de référence (groupe dans lequel l’individu veut adhérer). Les références sont, ici, les divas, les «diongomas» et autres stars à la peau claire.
Les motivations qui poussent les femmes et certains hommes à se dépigmenter la peau obéissent donc profondément à une logique esthétique : s’éclaircir la peau pour répondre aux canaux de la beauté. Mame Dieynaba Bopp, 22 ans, première année en Géographie, du haut de ses 1,65m, a bien voulu interrompre ses révisions pour se prêter à nos questions. Et c’est pour abonder dans le même sens : «Les femmes font de la dépigmentation pour être claires dans le seul but de plaire aux hommes qui considèrent que seule une femme de teint clair est belle.» L’influence des membres de la famille est aussi souvent convoquée : «Personnellement, je ne voulais pas faire du  ‘xeesal’. Mais presque toute ma famille en fait. Je peux dire que c’est par contrainte que je suis entrée dedans, mais ce n’était pas mon choix premier», à en croire Penda Ndoye, 28 ans, teint bien clair et gérante d’un magasin qui vend des accessoires de téléphones portables à Yoff.
Certaines femmes s’adonnent à cette pratique à cause de l’influence de leurs copines, comme le souligne si bien Mamy Ndiaye, 32 ans, technicienne de surface (ménagère) au Casino de Sam et vivant à la Médina. «Il faut dire que j’ai fait de la dépigmentation un peu par suivisme. Toutes mes copines faisaient de la dépigmentation, je n’avais pas le choix. Elles ont réussi à m’influencer, mais c’est la vie, on n’a pas toujours ce que l’on veut.» Khady Fall, 53 ans, femme au foyer habitant Cambérène, nous a affirmé être une inconditionnelle. «Je ne peux pas dire franchement ce qui m’a poussée à faire du ‘xeesal’. Je crois que c’est à la fois par feeling ou par amour de la blancheur, mais aussi par imitation, car mes sœurs et certaines copines faisaient ça. C’est un engrenage, je veux bien arrêter, mais j’ai peur que mes copines et mon entourage se moquent de moi. J’ai aussi peur d’avoir un teint charbon, comme on dit, ou d’avoir des problèmes de peau.»
Les cérémonies familiales comme le baptême ou le mariage ainsi que les manifestations religieuses constituent aussi des facteurs explicatifs importants. Il s’ensuit que les principales motivations des utilisatrices sont la mode, le désir d’être belle, l’imitation des personnes de l’entourage, l’automédication ainsi que les amies qui apparaissent comme étant souvent à l’origine de compliments et d’incitations directes, les conjoints ayant une position intermédiaire.

Quand les hommes s’y mettent aussi
La dépigmentation de la peau fonctionne souvent comme un phénomène de mode, avec identification à un groupe (rôle prépondérant des amitiés féminines) et revendication implicite de certaines valeurs : urbanité, modernité, féminité adulte, pouvoir de séduction et accès à un certain niveau social ; un désir d’émancipation par rapport aux modèles féminins classiques semble perceptible.

La pratique de la dépigmentation qui relevait exclusivement des femmes est devenue aussi une activité masculine de nos jours. De plus en plus d’hommes se dépigmentent la peau pour, généralement, les mêmes raisons que les femmes. «Pourquoi vous ne parlez que des femmes, maintenant les hommes aussi font de la dépigmentation, surtout les «Niack» (Ndlr : appellation désignant les Africains de l’Ouest et du Centre principalement)», peste Fatoumata Dramé, 20 ans, première année d’Anglais à l’Ucad. Si la dépigmentation passe quasiment pour naturelle chez les femmes, son usage chez les hommes tombe généralement sous le coup du non-sens absolu. Comme en atteste ce témoignage de Mariama Sané, 27 ans, surprise au marché «Tilène» en train de marchander des bracelets en or : «Vraiment, un homme qui fait du ‘xeesal’, c’est vilain, ce n’est pas beau à voir, je ne sais même pas comment qualifier ça. Je pense qu’un homme à autre chose à faire que du ‘xeesal’, il faut laisser ça aux femmes.»

Cette nouvelle donne entraîne une déstructuration des barrières entre genres. Les hommes qui se livrent à cette pratique appartiennent le plus souvent au showbiz (artistes, musiciens, mannequins…) et courent le risque d’être étiquetés homosexuels ou travestis. Les conséquences cliniques sont notoirement connues : infection dermatologique comme les mycoses, la gale, les érysipèles, l’acné…


Générateurs de maladies

Plus récemment, on a suspecté que l’usage des produits de dépigmentation constitue un facteur à risque pour l’hypertension artérielle et le diabète. Les topiques (produits) utilisés sont, en effet, potentiellement toxiques : corticoïdes, composés aux nombreux effets secondaires locaux, voire systémiques, dérivés de l’hydroquinone, aujourd’hui très réglementés en Europe du fait d’un potentiel mutagène aux risques incertains, mercuriels, composés à la toxicité bien connue.
La dépigmentation née également, chez certains, du complexe d’infériorité qui les conduit à sous-estimer la couleur noire et à favoriser, démesurément, la couleur blanche. Mais plusieurs hypothèses explicatives classiques, voyant effectivement dans la dépigmentation, l’expression d’un quelconque complexe lié à une perception dévalorisante de la peau noire par référence à une typologie raciale occidentale, sont loin d’être confirmées. Il convient de restituer la dépigmentation dans une perspective historique locale de modes de perception des différentes tonalités de couleur de peau, ainsi que des stratégies de séduction.


Solutions préconisées

En dehors de la sensibilisation, qui demeure prioritaire, Mme Ly en appelle à une implication totale des autorités sanitaires pour interdire l’usage des médicaments à des fins cosmétiques. De plus en plus de voix s’élèvent pour demander aux autorités gouvernementales d’interdire, à l’image de la Gambie et de la France récemment, l’importation des produits de dépigmentation. Pour inverser la tendance, Khaly Niang insiste, lui, sur la responsabilité aux niveaux familial et communautaire. Et estime que la société a intérêt à procéder à une insurrection des mentalités et une revalorisation des croyances et coutumes pour inverser la tendance. 

Il faut, selon lui, faire un travail méthodique de sensibilisation, d’éducation des jeunes qu’il faudra conscientiser sur les dangers de la dépigmentation dans la mesure où la science conclut à une réduction de l’espérance de vie chez les adeptes de la dépigmentation.

L’Etat, de son côté, doit également jouer pleinement son rôle en comblant le vide juridique, puisqu’il n’existe, à l’exception du décret 79-231 du 9 mars 1979 (il est inappliqué) interdisant la dépigmentation aux élèves des établissements d’enseignement élémentaire, moyen et secondaire, sous peine d’exclusion temporaire ou définitive), aucune coercition en la matière. La volonté politique doit déboucher sur une loi interdisant la vente des produits toxiques.
Toutes les couches sociales, de 15 à 45 ans, sont ainsi concernées par la pratique de la dépigmentation qui est véritablement au cœur d’un problème épineux de santé publique. Il faut remédier à la déliquescence préoccupante des «garants méta-sociaux» (les leaders d’opinion) qui se singularisent par un mutisme déconcertant.

Par bouba - Publié dans : Afrique mon Afrique
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 00:59
Kofi Yamgnane ne pourra pas se présenter à l'élection présidentielle du Togo le 28 février : la Cour constitutionnelle togolaise a invalidé sa candidature. Principal motif invoqué : la date de naissance de l'ancien maire de Saint-Coulitz, en Bretagne, est différente de celle indiquée sur son passeport togolais. L

Yamgnane, candidat du mouvement Sursaut Togo,

 

« De nature à fragiliser la sécurité juridique du pays »

La Cour constitutionnelle, présidée par Abdou Assouma, vient d'opposer une fin de non-recevoir aux ambitions présidentielles de Kofi Yamgnane, ce 2 février 2010, soit quatre semaines avant la présidentielle togolaise. Plusieurs raisons, selon la Cour, constituent autant d'irrégularités qui invalident la candidature du natif de Bandjéni :

  • non-résidence ces 12 derniers mois sur le sol togolais
  • apposition d'empreintes et non de signatures d'électeurs sur le document de parrainage
  • double nationalité
  • doute sur la date de naissance : le passeport français de Kofi Yamgnane indique le 11 octobre 1945 et celui togolais mentionne le 31 décembre 1945.

Si sur les trois premières anomalies, l'institution judiciaire a passé l'éponge, elle a brandi l'argument suivant sur la question de la date de naissance de Kofi Yamgnane :

« Cette situation est de nature à semer la confusion sur l'identité de la personne et, par voie de conséquence, à fragiliser la sécurité juridique et judiciaire inhérente à la magistrature suprême du pays. »

 

Apparemment,

Après donc les valses-hésitations du président de l'Union des forces du changement (UFC) pour cause de maladie et sans doute pour des raisons politiciennes, voilà un autre candidat envoyé au tapis par la Cour constitutionnelle.

Adresser un message fort à la France

Mais au-delà de l'argumentaire -du reste juridiquement imparable- de cette Cour, certaines questions politiques se posent. Les partisans de

  • Yamgnane est revenu au Togo avec d'importants moyens financiers. Il suffit de voir son QG de campagne au quartier Casablanca, à Lomé, ses 4x4 rutilants qui parcourent la campagne, ses flyers et affiches qu'il distribue et les tournées qu'il effectue dans le Togo profond pour se convaincre qu'il possède le nerf de la politique
  • Bandjéni, son fief, est dans la région de Kara (Nord), autant dire dans le vivier électoral naturel des Gnassingbé, et il se murmure que Yamgname a fait un formidable travail de sape dans cette partie septentrionale du Togo, une œuvre qui pourrait faire basculer une bonne partie de cet électorat dans le giron de Sursaut Togo
  • On se souvient qu'il y a 3 mois, un diplomate français en poste à Lomé a été renvoyé à Paris parce qu'il avait des atomes trop crochus avec Yamgnane. A-t-on voulu, par ce recalage, adresser un message fort à la France ?

Toujours est-il qu'en éliminant le patron de Sursaut Togo, le nombre de candidats passe de huit à sept, parmi lesquels pas plus de trois prétendants valables de l'opposition (moyens, envergure nationale, assise électorale). Ce qui facilite la tâche au président sortant, Faure Gnassingbé, d'autant que le mode de scrutin, à un seul tour, s'apparente pour les opposants africains à un aller-simple pour l'abattoir politique…ire la suite l'article

dénonce une « décision politique » visant à « écarter le candidat le plus dangereux pour le RPT » [Rassemblement du peuple togolais, le parti au pouvoir, ndlr] du Président Faure Gnassingbé.le refrain que répète à l'envi le recalé, à savoir « En France, je suis chez moi, au Togo je suis également chez moi », n'a pas convaincu les juges de la Cour constitutionnelle. Exit donc Kofi Yamgnane. Un remake de ce qu'a vécu Gilchrist Olympio [leader de l'Union des forces du changement et candidat à l'élection du 28 février] en 2005 et aux présidentielles antérieures.Sursaut Togo, le mouvement de l'ancien secrétaire d'Etat de Mitterrand, ne sont pas loin de penser qu'il s'agit d'une manœuvre pour écarter un adversaire sérieux. On ne peut pas leur donner totalement tort :
Par bouba - Publié dans : Afrique mon Afrique
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 15:10
http://img.over-blog.com/512x336/1/97/88/35/IMAGES8/El-Bechir-tv5.jpgLa chambre d'appel de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a cassé un jugement affirmant que des preuves suffisantes n'avaient pas été fournies pour fonder une inculpation de génocide contre le président du Soudan, Omar Hassan al Bachir.

La chambre préliminaire va maintenant devoir statuer pour déterminer si l'accusation de génocide peut être ajoutée aux charges déjà retenues contre le chef de l'Etat soudanais.

Ce dernier est depuis mars 2009 sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour sept chefs d'inculpation de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, y compris meurtre, extermination, torture et viol.

"La décision de la chambre préliminaire de ne pas délivrer de mandat pour le chef d'inculpation de génocide était entachée d'une erreur juridique et pour cette raison la chambre d'appel a décidé de casser cette décision", a déclaré le juge Erkki Kourula, lisant le jugement de l'arrêt.

Cette décision d'appel, a-t-il dit, ne signifie pas qu'est fait droit à la demande du bureau du procureur qui souhaitait que l'inculpation pour génocide soit retenue.

L'ajout d'un tel chef d'inculpation renforcerait l'isolement du président soudanais poursuivi pour des crimes commis au Darfour où, selon l'Onu, 300.000 personnes ont trouvé la mort depuis le début du conflit en 2003.

L'enquête de la CPI a débuté en 2005 et a abouti à l'émission d'un mandat d'arrêt contre Bachir. C'est la première fois dans l'histoire qu'un chef de l'Etat en exercice est visé par l'instance pénale internationale. Bachir a rejeté les accusations portées contre lui affirmant qu'elles résultaient d'une conspiration occidentale.

À Khartoum, un haut responsable du ministère soudanais de l'Information a jugé que la procédure de la CPI "vise seulement à interrompre les efforts du gouvernement soudanais en faveur d'élections et d'un transfert pacifique du pouvoir". Un scrutin démocratique doit avoir lieu au mois d'avril.

À l'inverse, le Mouvement Justice et Egalité (Jem), principale organisation rebelle du pays, a salué la décision de la chambre d'appel de la CPI. "C'est une bonne décision. Ce que nous avons vu sur le terrain au Darfour revient à un génocide", a déclaré Ahmed Tugud, chef des négociateurs du Jem.

"Nous examinons la situation pour savoir s'il est possible d'un point de vue éthique de négocier avec un gouvernement accusé d'avoir commis un génocide contre son peuple", a ajouté Tugud, joint par téléphone à Doha, au Qatar, où le Jem participe à des négociations à intervalles irréguliers avec les autorités de Khartoum.

Par bouba&reuters - Publié dans : Afrique mon Afrique
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 04:44
http://le-jeudi.editpress.lu/thumbnail.php?file=1332.jpg&size=article_mediumSelon les érudits religieux et les activistes qui luttent contre les mutilations génitales féminines et les excisions (MGF/E), une récente fatwa bannissant les mutilations génitales féminines en Mauritanie n’aidera à réduire cette pratique que si les responsables religieux relaient ce message auprès de la population.

Etant donné que cette pratique des MGF est largement répandue en Mauritanie, ainsi que la croyance qu’elle est imposée par l’Islam – les familles mutilent leurs filles « comme Allah le veut », a dit une femme en entendant parler de la fatwa -, convaincre les gens d’arrêter prendra du temps et nécessitera un engagement des responsables religieux.

« Les imams et les oulémas ne doivent pas se contenter de faire connaître cette fatwa dans leurs prêches », a dit à IRIN l’érudit musulman Baba ould Mata. « Ils doivent sortir… et aller au devant des populations, notamment dans les régions reculées où [les MGF] sont les plus courantes ».

Un groupe de clercs et d’érudits musulmans a signé le 12 janvier un décret religieux contre les MGF après deux journées de débat conduit par le Forum de la pensée islamique et du dialogue des cultures, dans la capitale Nouakchott.

Une étude datant de 2007 du ministère de la Santé a montré que 72 pour cent des femmes en Mauritanie avaient subi des MGF/E – environ la même proportion qu’en 2001 malgré des années de campagne de sensibilisation et une loi de 2005 punissant quiconque exciserait un enfant et lui causerait « un préjudice ».

Mais les campagnes d’éducation ont aidé à l’émission de cette fatwa, selon les dirigeants religieux. Les responsables religieux qui ont émis le décret se sont appuyés sur une déclaration de 2008 de médecins et de sages-femmes mauritaniens disant que les MGF/E étaient « néfastes à la santé et pouvaient entraîner des complications graves pouvant aller [jusqu']au décès ».

En 2006, une association mauritanienne d’érudits religieux islamiques a délivré une fatwa dénonçant les MGF/E mais peu de responsables religieux avaient accepté de la signer. La déclaration de 2008 a cette fois renforcé le mouvement, a dit à IRIN Cheikh ould Zein, érudit musulman et secrétaire général du forum.

Il a dit au sujet de la récente fatwa : « Notre raisonnement a été le suivant : y a-t-il vraiment dans le Coran des textes très clairs qui demandent cette [pratique] ? Ils n'existent pas. En revanche, l’Islam est clairement contre tout acte qui a des répercussions négatives sur la santé. Aujourd’hui les médecins mauritaniens déclarent unanimement que [les MGF/E] menacent la santé ; il est donc clair que l’Islam est contre ».

Mais de nombreux Mauritaniens, comme cette femme à Nouakchott qui a dit s’appeler Fatimatou, ont dit qu’ils pratiquaient l’excision parce que l’Islam l’exigeait. « Nous sommes excisées de mère en fille comme Allah le veut », a-t-elle dit à IRIN. « Une fille non excisée ne peut pas prier ou se marier ».

Elle a demandé plusieurs fois qu’on lui confirme cette fatwa puis a dit : « Cette fatwa me fait douter. Je vais demander conseil en rentrant au village ; nous avons un grand marabout [responsable religieux] là-bas ».

Fatimatou, enceinte de son troisième enfant, a ajouté : « Mais si l’enfant que je porte est une fille, je pense la faire exciser parce que je ne veux pas qu’elle ait une mauvaise vie ».

M. ould Zein a dit que les MGF/E étaient trop souvent considérées comme exigées par l’Islam. « La difficulté est de séparer tradition et religion ».

Etant donné « le poids des traditions » l’érudit M. ould Mata a dit à IRIN qu’entendre parler des effets nocifs des MGF/E par des ONGs ne serait pas suffisant. « Mais si un imam va dans un village et dit, ‘Oui, l’Islam est contre l'excision’, alors les hommes comme les femmes ne pourront plus défendre cette pratique par l'argument religieux ».

La loi mauritanienne a eu peu d’effet sur le terrain, a dit Yakhare Soumaré de l’ONG mauritanienne Action. Elle est d’accord sur le fait que la fatwa ne peut avoir de l’influence que si des responsables religieux la soutiennent activement. « C’est la position de certains religieux... qui a été jusqu'ici le plus grand obstacle à nos actions de sensibilisation. Même si nos [campagnes atteignaient] des populations isolées, ce sont toujours les guides religieux qui a le dernier mot »
Par bouba&irin - Publié dans : Afrique mon Afrique
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 11:10
http://www.leplacide.com/document/05.07.08-alqaida-ben-laden.jpgAbdelmalek Droukdel, le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, propose d'armer et de former les musulmans du Nigeria, qu'il estime victimes d'une "croisade" menée par leurs compatriotes chrétiens.

"Nous sommes prêts à entraîner vos fils à l'usage d'armes", déclare-t-il dans un message publié lundi sur un site web. Il offre un soutien en "hommes, armes, munitions et équipement".

Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique exhorte les Nigérians à "pousser (leurs) fils dans les champs de bataille du djihad pour qu'ils deviennent l'avant-garde combattante dans la défense du sang et de l'honneur des musulmans".

Le mois dernier, des violences ont opposé chrétiens et musulmans dans le centre du Nigeria, faisant 326 morts. Mais Droukdel affirme que seuls des musulmans - plus de 500 au total - ont été tués. "C'est clairement un massacre uniquement contre les musulmans", dit-il.

"La seule façon de mettre un terme à ces massacres sans fin et de rétablir vos droits", plaide-t-il, "c'est de vous préparer à la guerre sainte et le meilleur exemple vous est donné par vos frères en Somalie qui affrontent les croisés éthiopiens".
Par bouba&ap - Publié dans : Afrique mon Afrique
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