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Publié par bouba

 

 

 

 

Les premières élections démocratiques laissaient espérer une ouverture et un changement de ton. Pourtant, l'audiovisuel public ne semble pas pressé de prendre son indépendance.

 

Le siège de la Radio Télévision guinéenne (RTG) en impose. Établie à Koloma, dans la commune de Ratoma à Conakry, la maison de la RTG, inaugurée en 2006, est un don de la Chine. En guise de souvenir, ses constructeurs ont eu la gentillesse d'indiquer les issues de secours dans la langue de Confucius. Peu importe, le bâtiment où travaille le personnel de la RTG - sous l'étroite surveillance de militaires armés et d'un char - présente des commodités acceptables.


La RTG est un véritable enjeu de conquête ou de conservation du pouvoir. Sous Lansana Conté, des putschistes l'ont prise pour cible plusieurs fois. Lors de l'attaque du domicile d'Alpha Condé le 19 juillet 2011, la garde républicaine a eu pour réflexe de l'entourer d'un cordon de sécurité.

 

 

Autocélébration.

 

 

 Les liens très étroits et affichés entre la RTG et le pouvoir datent de sa création, en 1977, grâce à un don de Mouammar Kaddafi à son ami Sékou Touré. Très vite, le « père de l'indépendance » a transformé l'institution en tribune d'autocélébration. Le général Lansana Conté n'a pas dérogé à cette règle. Quant à l'ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, il réglait dans sa salle d'attente les questions les plus sensibles sous l'oeil des caméras de la RTG... Un feuilleton baptisé le Dadis Show par les Guinéens. Il battait des records d'audience auprès des téléspectateurs de la sous-région et sur YouTube. Le général Sékouba Konaté, lui, a « libéré » les journalistes et, pendant les douze mois qu'a duré la transition militaire, toutes les sensibilités ou presque étaient représentées par la RTG.


Une ouverture vite remise en question à l'avènement de Condé. Reportages et annonces sont désormais ponctués d'innombrables « Son Excellence le professeur Alpha Condé ». Depuis la libéralisation de l'espace audiovisuel, en juin 2010, six chaînes de télévision privées ont été agréées par les autorités, dont seules deux - Évasion et Gangan - ont commencé à émettre. Toutefois, leur influence reste limitée. Leurs émissions ne peuvent atteindre la popularité de Kibaro (« informations », en malinké), le célèbre journal télévisé en langue nationale. En outre, des actualités souvent politiques et sélectionnées au profit du pouvoir sont présentées en langues locales.

 

 

Service d'État. 

 

L'une des principales caractéristiques de la télévision nationale, c'est l'insuffisance de ses moyens techniques : la RTG n'émet que sur 40 % du territoire, ses équipes de reportage ne disposent que de quatre caméras, sa rédaction de trois bus... « Souvent, les journalistes doivent attendre deux jours pour monter un sujet de trois minutes, pour la simple raison qu'il n'y a pas assez de tables de montage, explique Mohamed Lamine Solano, rédacteur en chef du journal télévisé. Dans ces conditions, nous sommes obligés de trancher, et nous choisissons de privilégier les éléments de souveraineté tels que les visites d'État du président ou les audiences importantes du Premier ministre. » Solano admet par ailleurs que « les formations sont rares » et que « les personnels méritent d'être mieux qualifiés ».

 

 

Conséquence : 

 

 

un traitement souvent approximatif de l'information, qui agace des téléspectateurs et laisse perplexes les membres du Conseil national de la communication (CNC), l'instance de régulation. En octobre dernier, le CNC a d'ailleurs désavoué la RTG, coupable, selon lui, de ne pas « fournir beaucoup d'efforts pour diversifier ses programmes », lui reprochant de ne pas se comporter « en vrai média au service du citoyen, débarrassé de toute velléité d'autocensure ». Il en a profité pour lancer un appel aux journalistes afin qu'ils prennent plus d'indépendance vis-à-vis du pouvoir. Sans moyens de rétorsion et, à vrai dire, sans réelle conviction - le CNC étant dirigé par des proches du pouvoir. Dans les couloirs de la RTG, l'appel d'octobre est resté lettre morte. 



jeuneafrique.com

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