L'Actu en direct
Les autorités en Guinée ont arrêté deux hauts responsables de la société minière BSGR, dans le cadre de la lutte contre la corruption dans le secteur minier.
Selon un communiqué du gouvernement, les deux employés sont Ibrahima Sory Touré, vice-président et directeur des relations publiques, et Issaga Bangoura, responsable de la sécurité.
BSGR, société du milliardaire israélien Benny Steinmetz, est accusée par le gouvernement guinéen de corruption dans l'acquisition des blocs 1 et 2 du
gisement Simandou, et plus spécifiquement d’avoir offert des pots-de-vin à des officiels et à Mamadie Touré pour remporter en 2010 une licence lui permettant de développer la moitié nord du
gigantesque gisement de minerai de fer de Simandou.Ibrahima Sory Touré est le frère de Mamadie Touré, l'épouse de l’ancien président Lansana Conté, qui vit actuellement aux Etats-Unis.
Les deux personnes arrêtées sont considérées comme des témoins clefs, devant être entendues dans le cadre de cette affaire, précise le communiqué du gouvernement.
L’avocat d’Ibrahima Sory Touré, Momo Sacko, a déclaré à l’agence Reuters que son client était actuellement interrogé au sujet de BSGR, et qu’il n’avait pas pour l’instant été inculpé.
Au cours des prochaines semaines, une commission mise sur pied par le gouvernement guinéen pour examiner la légalité des licences minières devrait publier ses conclusions au sujet de BSGR, qui a noué un partenariat avec le groupe minier brésilien Vale pour développer ces concessions.
Aucune inculpation n’a été prononcée en Guinée dans ce dossier, mais la justice américaine enquête également sur les pratiques de BSGR en Guinée.
Frédéric Cilins, un homme d’affaire français, a été arrêté aux Etats-Unis la semaine dernière.
Ce proche du patron de BSGR est accusé d’obstruction à la justice, de tentative de destruction de preuves, et de subornation de témoin.
L'acquisition de contrats miniers en Guinée a souvent été entourée d’opacité, dénoncée par nombre d’observateurs.
bbc
Le camp de Djikoroni a été encerclé ce vendredi matin par les « bérets verts » du capitaine Amadou Sanogo, l’auteur du coup d’Etat militaire de l’an dernier, pour empêcher un rassemblement des « bérets rouges », des parachutistes loyaux au président déchu Amadou Toumani Touré (ATT), soupçonnés de vouloir se venger.
Une source contactée par téléphone, qui s’est rendue au camp de Djikoroni à la mi-journée, affirme que les tirs ont fait six morts, dont cinq enfants et une vieille femme. Le motif de l’altercation : les bérets rouges, au lieu de faire profil bas après leur mise en liberté provisoire, se sont rassemblés pour contester la dissolution par la junte de Sanogo de leur corps d’élite, et réclamer leur place au front.
L’armée a essayé de les disperser, et des coups de feu ont éclaté. La population voisine du camp serait intervenue pour protester contre la mort des enfants de bérets rouges et dire à la junte que « ça suffit ».
Le politologue américain Jay Ulfelder ne s’est pas trompé de beaucoup, en inscrivant le Mali au troisième rang, après la Guinée-Bissau et le Soudan, dans son index des pays du monde les plus menacés par un coup d’Etat.
Le capitaine Sanogo était en discussion ces derniers jours avec la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour trouver une porte de « sortie honorable ».
Une façon diplomatique de lui dire : « dégage ». Et un moyen pour lui de négocier postes consulaires et placards dorés, pour les sous-officiers qui l’ont accompagné dans son aventure de putschiste.
Mais, nuance : pas pour lui, qui voudrait rester chef d’un comité chargé de réformer l’armée...
En signe de bonne volonté, il a fait libérer 28 bérets rouges le 30 janvier, des membres de l’ancienne garde présidentielle d’ATT, arrêtés et détenus pendant des mois sans être jugés, après avoir tenté un contre-coup d’Etat le 30 avril 2012.
Mais Sanogo suspecte toujours ses frères d’armes de vouloir lui prendre sa place.
Les officiers supérieurs maliens, eux, soupçonnent Sanogo et les bérets verts (des sous-officiers révoltés par la corruption de certains généraux sous le régime d’ATT), de vouloir s’incruster au pouvoir. Au point de faire, si besoin était, un second coup d’Etat dans les mois qui viennent.
Et pour cause. Sanogo avait officiellement remis le pouvoir à une autorité civile de transition, dès avril 2012, mais il tirait toujours les ficelles à Bamako, jusqu’à l’intervention militaire française, dont il ne voulait pas.
Il a laissé des gros bras aller frapper le président Dioncounda Traoré dans son palais présidentiel à coups de marteaux, débarqué le Premier ministre de transition Modibo Diarra, et organisé des manifestations contre les autorités civiles le 11 janvier, ces dernières ayant appelé la France à l’aide et mis son pouvoir en péril.
Aujourd’hui, il n’est plus un interlocuteur crédible, dans la perspective d’élections rapides et d’une reprise en main du pays par Ibrahim Boubacar Keita (IBK), le présidentiable qui aurait les faveurs des Etats-Unis et de la France.
Cet homme à poigne, ancien Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré, président démocratiquement élu ayant dirigé le pays dix ans (1992-2002) avant ATT, est un connaisseur des problèmes du nord du Mali, où il a déjà réglé une rébellion touarègue en 1996.
Mais la capacité de nuisance d’Amadou Sanogo reste intacte. Elle pourrait même être renforcée par l’enquête ouverte le 16 janvier par la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes de guerre commis au Mali.
Or, il se trouve que le chef de la junte malienne, simple instructeur, prof d’anglais au lycée militaire de Kati, sans faits d’armes avant la crise, a aujourd’hui du sang sur les mains : 21 bérets rouges ont disparu, début mai, après avoir été emmenés au camp de Kati...
rue89.com
Des informations font état de l'atterrissage de deux avions du Qatar au nord du Mali «pour transporter des
djihadistes et empêcher leur arrestation ou leur élimination par les armées française et malienne». L'opération qui commence à faire le tour du monde du renseignement, expliquerait, en partie, le
fait que des chefs d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) ne soient pas arrêtés, jusqu'à présent, plusieurs semaines après
le début de l'offensive militaire française et la récupération de plusieurs villes du Mali, dont Kidal, Tombouctou, Monti et Gao. «Cette information circule depuis récemment», nous a déclaré Eric
Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R).
Le Qatar, qu n'a, jusqu'à présent, pas démenti cette information, avait, rappelle-t-on, exprimé son
désaccord vis-à-vis de l'intervention militaire française, au Mali, après avoir proposé d'assurer la médiation avec les djihadistes armés se trouvant au nord de ce pays.
Pour rappel, quatre humanistes qataris avaient été signalés au nord du Mali. Ce qui nous a été confirmé par
Mickael Sibdiga, chef d'antenne de la Croix-Rouge à Kidal.
Les quatre «humanitaires» qataris étaient, ajoute-t-on de source malienne locale, arrivés de façon non
officielle, c'est-à-dire sans informer le comité international de la Croix-Rouge. «Ils ont dit qu'ils sont venus pour faire l'appréciation des besoins des populations», a ajouté Mickael
Sibdiga.
Le Qatar est soupçonné de soutenir et financer les djihadistes qui sévissaient au nord du Mali et dans
d'autres régions du monde.
letempsdz.com
Un homme au « comportement suspect » a été arrêté dimanche dans le village de Dindéfélo (Kédougou, Sud-est) puis conduit à la brigade de gendarmerie de Kédougou, a appris l’APS auprès des services de sécurité.
L’individu se trouvait à la gare-routière de Dindéfélo lorsque les habitants, attirés par « son comportement suspect », l’ont dénoncé à la police des frontières. Il a été d’abord conduit au poste de police de Ségou, à 5 km de Dindéfélo.
L’homme, titulaire d’un passeport pakistanais, serait en provenance de la Guinée et ne s’exprime qu’en anglais et en arabe, signalent des habitants du village de Dindéfélo.
Vendredi, rappelle-t-on, le colonel Insa Sagna, commandant la Zone militaire N°4, couvrant les régions de Tambacounda et Kédougou, a assuré que toutes les mesures ont été prises pour faire face à la menace terroriste, en renforçant son dispositif de sécurité à la frontière avec le Mali et la Mauritanie.
Depuis l’envahissement du Nord du Mali au mois de mars 2012 par des groupes armés, « des mesures de sécurité ont été renforcées aussi bien au niveau de la frontière qu’à l’intérieur de Tambacounda, au niveau des points sensibles », disait le colonel Sagna, lors d’une rencontre avec des journalistes, en prélude à son installation officielle prévue jeudi prochain.
La Zone militaire N°4 compte le 4ème Bataillon d'infanterie, le 24ème Bataillon de reconnaissance et d'appui et la 4ème Compagnie des travaux du génie. Deux compagnies ont été mises sur pied, dont une dite d'intervention.
A l’intérieur de la région, des éléments ont été mobilisés pour sécuriser les points sensibles comme le pont de Gouloumbou, ainsi que celui de Kidira, à la frontière avec le Mali.
Selon le colonel Insa Sagna, des renseignements avaient fait état d’éléments mobiles aperçus à 50 km d’une localité malienne située près de la frontière, soulignant que tant que le territoire n’est pas attaqué, la zone ne peut intervenir. Toutefois, il a assuré être en contact avec son homologue malien.
Vaste de 59.602 km2, la zone militaire N°4 partage 410 kilomètres de frontière avec le Mali, à l’Est, 62 kilomètres avec la Mauritanie au Nord-est, 162 kilomètres avec la Gambie (Ouest) et 272 kilomètres avec la Guinée, au Sud.
Lesoleil.sn
Au Mali, les forces françaises et maliennes, peu à peu renforcées par des contingents de la Cédéao, affrontent des katibas de djihadistes qui relèvent de réseaux algériens, mais aussi ouest-africains sans oublier des volontaires issus d’Europe de l’Ouest en général, et de France en particulier.
Au premier plan de ces mouvements islamiques armés, on trouve Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique) qui puise ses origines dans la guerre civile en Algérie, qui durant la décennie sanglante (1988-1998) a fait 200.000 victimes. A l’époque, les islamistes du FIS (Front islamique du salut), qui dénoncent le coup de force des autorités à la suite de la modification des règles électorales pour bloquer leur ascension politique, donneront successivement naissance aux GIA (Groupes islamistes armés) puis au GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) apparu en 1998.
Après avoir essuyé de nombreux revers, ces djihadistes, qui avaient compris dès 1995 qu’ils ne prendraient jamais le pouvoir, se sont repliés dans le sud-algérien avant de se redéployer en Libye, dans le sud-tunisien et les pays sahéliens (Mali et Mauritanie).
Après avoir pris femmes dans les oasis de la zone, les chefs ont vite compris qu’il serait très profitable de mettre leurs capacités militaires au service des trafiquants locaux d’armes, d’êtres humains et de drogues, relevant d’un banditisme diversifié et florissant des côtes du Sénégal jusqu’à la Corne de l’Afrique.
Estimant aussi que cette jonction avec les filières du crime organisé, en provenance d’Amérique Centrale, serait plus porteuse si elle se parait des oripeaux de la lutte contre l’Occident, ces mêmes chefs du GSPC ont fait allégeance à Oussama ben Laden en janvier 2007, proclamant la création d’Aqmi. Ainsi, territoire refuge et sanctuarisé de cette jonction tactique entre banditismes et fanatismes religieux, la zone sahélienne va devenir l’une des plaques tournantes intercontinentales des narcotrafiquants.
Les pays limitrophes du golfe de Guinée (Ghana, Côte d’Ivoire, Togo, Nigéria et plus à l’ouest Guinée, Sierra Leone et Liberia) sont les principaux points d’entrée du trafic transatlantique passant par l’Afrique. Dans ces pays, l’avenir à l’horizon de 2020 semble s’articuler sur une forte concentration de jeunes urbains vivant dans une bande côtière étroite à l’environnement fortement dégradé par une urbanisation et une violence sauvages (criminalité, gouvernance étatique défaillante et trafics de drogue).
Cette dynamique de «littoralisation urbaine» s’accompagne d’un «thalasso-tropisme» de la part des populations et d’une maritimisation accrue des économies licites et illicites. Ce contexte, associé à une gouvernance médiocre se traduit par un fort accroissement du trafic maritime de la drogue.
Ainsi, comme le souligne le Secrétariat général de la défense et la sécurité nationale (SGDSN) dans sa contribution à la révision du Livre blanc, «depuis 2008, les espaces maritimes sont également le théâtre d’un développement des flux criminels (drogue, armes, êtres humains, prolifération), favorisés par la densité de la circulation par conteneurs, qui facilite la dissimulation, et par la fragilité de certains états incapables d’imposer des contrôles sur leur territoire. Ces derniers deviennent des zones de production ou de transit de ces flux, en particulier de drogue et d’armes».
Le premier retour d’expérience de l’opération Serval permet notamment une avancée sémantique qui n’est pas sans conséquence sur le plan stratégique quant à la vraie nature du terrorisme sahélien.
Avant d’être religieux et al-qaïdiste, celui-ci s’appuie d’abord sur les différentes filières du crime organisé et principalement des trafics d’armes et de drogue. Les narcotrafiquants des cartels latino-américains acheminent d’ailleurs depuis des années leurs marchandises de mort vers l’Europe (cocaïne, métamphétamines), en transitant, grâce aux voies maritimes, par l’Afrique de l’Ouest, au gré de véritables têtes de pont portuaires, comme au Sénégal, en Guinée-Conakry et en Guinée Bissau.
Ces dernières années, le trafic de cocaïne dans ce petit pays représentait en valeur annuelle près de 2 milliards de dollars. En intervenant au Mali, la France lutte donc contre le terrorisme islamique mais déstabilise aussi la principale source de revenu des réseaux djihadistes: le trafic de drogue.
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